Avec la sortie de 23 jours plus tard, le 13 mars 2026, Jolagreen veut confirmer son statut de nouvelle star du rap français. Le jeune rappeur de Bois Colombes ne se contente plus d’affirmer son talent, il impose désormais son univers parmi les grandes têtes de la scène française.
Pour bien entrer dans l’univers de Jolagreen23, il faut regarder d’où il vient. Originaire des Hauts de Seine plus précisément Bois Colombes, il se fait connaître sur internet pour son énergie et ses sons débordant de références à la pop culture comme le cinéma, les animés et bien évidemment les jeux vidéos. Son univers, très sombre et technique, nous montre qu’il ne cherche clairement pas à devenir mainstream en faisant ce que tout le monde peut faire mais en utilisant des voix jamais prises auparavant. Entre un mélange de rap, warfare et trap, sa musique s’est rapidement crée une fanbase en sortant des projets très solides tel que Recherche et Destruction et 99 XP avec des sons qui sont encore aujourd’hui des références du rappeur français. L’année 2025 va être celle qui va déclencher le phénomène Jolagreen 23, GOTY Edition va être son album avec le plus de succès. Toujours à travers son univers de geek, il va attirer un nouveau public qui ne le connaissait pas encore notamment grâce aux réseaux sociaux et tiktok, transformant une base de fans passionnés en une véritable armée.
Une plongée dans son monde intérieur
Dès les premières minutes de ce nouvel opus, on sent que l’artiste a souhaité se livrer davantage comme il l’avait déjà essayé dans GOTY Edition. Il ne s’agit pas ici de simples paroles sur la réussite, mais d’un constat lucide sur sa propre évolution. Sur le morceau “Paris 7”, Jola évoque avec une sincérité désarmante le poids des attentes et de la réussite avec beaucoup qui décrivent son ascension comme trop rapide. Cette démarche rend ses textes plus humains et plus profonds, permettant à son public de mieux comprendre l’homme qui se cache derrière l’image du rappeur déterminé. On ressent cette vulnérabilité nouvelle, comme quand il parle de son envie de réussir pour aider sa mère, une facette beaucoup plus intime que sur ses projets précédents. Dans des morceaux comme “La Quête” ou “BleuDeChanel” il parle de la difficulté à réussir quand on est démunie et les moyens de s’en sortir qui ne sont généralement pas les meilleurs et nous montre que la musique l’a sauvé malgré qu’aujourd’hui il est une exception par rapport aux personnes qu’il côtoyait.
Le défi de répondre aux attentes
La sortie de ce projet était attendue avec une certaine nervosité par le milieu du rap qui était divisé entre heureux de voir 23 sons dans l’album qui pour certains peuvent potentiellement être redondant. D’autre tel que les fans sont heureux de voir un album aussi gros pour un rappeur qui vise le haut du panier. En sortant autant de titres dans son dernier opus, il montre qu’il ne fait pas de la musique pour rentrer dans les cases et faire des écoutes mais pour se faire plaisir. Cette indépendance se confirme dans le choix de ses invités : en collaborant avec Tiakola, La Fève et La Mano 1.9, il privilégie la proximité et l’affinité artistique avec des profils qui, comme lui, sont les futurs piliers de la scène française. Le 16 ème titre “2 temps en temps” illustre parfaitement cet état d’esprit : il y exprime avec assurance que les attentes du public et les critiques des envieux n’ont aucune prise sur lui. Il trace sa route avec une détermination et le même entourage qui prouve qu’il ne tombe pas dans le piège de la facilité, mais qu’il préfère dicter ses propres règles.
L’album : une proposition forte et cohérente
Le résultat est à la hauteur de l’ambition affichée. L’album est un ensemble très homogène, où l’ambiance sombre et intense est travaillée avec soin. Sur des titres comme “MonstresetDemon”, les basses organiques créent une atmosphère pesante qui souligne parfaitement ses textes. Jolagreen23 maîtrise son débit avec aisance, sachant alterner entre des moments de tension et des phases rythmées, particulièrement sur “JAPANEXPO” qui montre une recherche technique toujours plus poussée. L’absence de collaborations inutiles permet de rester pleinement immergé dans son univers, faisant de ce projet une œuvre qui s’écoute d’une traite et qui ne cherche jamais la facilité commerciale.